mercredi 12 août 2015

« Tel Aviv sur Seine » : la mort à la plage


NB : cette tribune a été publiée le mardi 11 août sur le site de Libération, sous son titre original, qui a par la suite été modifié (« Tel Aviv sur Seine : une opération éminemment politique »). 

En Cisjordanie, les exactions commises par les colons israéliens se multiplient, jusqu’à avoir, récemment, entraîné la mort d’un bébé et de son père dans l’incendie criminel de leur maison. À Gaza, un an après l’offensive meurtrière de l’été 2014, le blocus se poursuit, et l’on vient d’apprendre dans un rapport de l’ONU que pour la première fois depuis 50 ans, la mortalité infantile était en hausse. À Paris, pour dénoncer ces crimes, on organise une grande fête sur les bords de Seine, en l’honneur de Tel Aviv. Vous avez dit indécence ?

Tel Aviv, c’est Israël

« Mais il ne faut pas confondre Tel Aviv, une ville, et Israël, un État ! », disent-ils. L’argument pourrait faire sourire si la situation n’était pas aussi grave. Doit-on rappeler aux organisateurs de l’initiative que Tel Aviv est la seule capitale internationalement reconnue d’Israël, siège de la quasi-totalité des ambassades ? Doit-on préciser que l’agglomération de Tel Aviv (le « Gush Dan ») est de loin la plus peuplée du pays, avec près de 3.5 millions d’habitants, soit près de la moitié de la population du pays ? Doit-on enfin rappeler que Tel Aviv est la capitale économique et financière d’Israël, et aussi sa capitale technologique, où sont élaborées nombre de petites merveilles à destination de l’armée israélienne ? Non, Anne Hidalgo, Tel Aviv n’est pas une république autonome.

« Mais Tel Aviv est de gauche, et elle est opposée au gouvernement et aux colons, qui la détestent ! », disent-ils encore. Si certains considèrent qu’un maire membre du Parti travailliste – partie prenante, au cours des dernières années, de diverses coalitions avec la droite et l’extrême-droite – est de gauche, c’est leur problème. Mais si Tel Aviv était à ce point en rupture avec le gouvernement Netanyahou et les colons, et si « Tel Aviv ce n’est pas Israël », comment comprendre le soutien apporté à Tel Aviv sur Seine par le Ministère du tourisme israélien et l’ambassade d’Israël en France, et par des officines aussi amoureuses de la paix que le CRIF ou, pire encore, la Ligue de Défense Juive ? Non, Bruno Julliard, Tel Aviv n’est pas la Commune de Paris.

Une opération politique

Il faut être naïf, aveugle ou de mauvaise foi pour ne pas comprendre que, pour l’État d’Israël et ses soutiens, l’initiative Tel Aviv sur Seine est une opération éminemment politique, qui vise à blanchir Israël de ses crimes quotidiens, en donnant à voir le visage « ouvert » et « festif » d’un État dont l’image est de plus en plus dégradée sur la scène internationale. Et on pourra conseiller, à ceux qui nous expliqueraient que le tourisme n’a rien à voir avec la politique, de méditer ces propos d’Hila Oren, responsable du Tel Aviv Global & Tourism, organisme public en charge du développement de la ville : « la marque Tel Aviv est un outil de contournement du conflit [car] Israël est un label difficile à vendre ».

Notre opposition à l’initiative de la Mairie de Paris est donc une opposition politique à une initiative politique. Il s’agit de refuser qu’à l’heure où le blocus de Gaza et la colonisation de la Cisjordanie se poursuivent, on célèbre Tel Aviv et Israël sur les bords de Seine dans une ambiance chaleureuse et festive. Il s’agit de rejeter toute tentative de blanchiment d’un État qui, tout en piétinant quotidiennement les résolutions de l’ONU et le droit international, essaie par tous les moyens de séduire les opinions publiques occidentales par des opérations de communication bien huilées. Il s’agit de s’opposer à la banalisation des invitations lancées à des institutions dont les plus hauts responsables devraient être traduits devant les tribunaux internationaux.

Qui est « irresponsable » ?

L’un des aspects les plus scandaleux de la polémique est que ce sont ceux qui dénoncent l’initiative qui sont traités d’ « irresponsables ». Alors qu’être irresponsable, c’est justement participer à une opération de blanchiment d’Israël un an pile après la meurtrière opération contre Gaza, qui avait soulevé l’indignation aux quatre coins du monde. Être irresponsable, c’est déclarer, comme Patrick Klugman, adjoint d’Anne Hidalgo à qui on fait remarquer qu’il y a un an, l’armée israélienne tuait quatre enfants sur une plage de Gaza, qu’il « récuse » toute dimension symbolique car « la mort de ces quatre enfants a eu lieu en juillet et pas en août ». Être irresponsable c’est refuser d’entendre les légitimes protestations contre l’événement et vouloir le maintenir à tout prix, au risque de transformer les bords de Seine en camp militaire.

Mais les pires des irresponsables sont, une fois de plus, ceux qui amalgament la critique d’Israël à l’antisémitisme. Répétons-le : nous ne tolérons aucun antisémitisme dans nos rangs et luttons farouchement contre tous ceux qui tentent d’instrumentaliser la question palestinienne à des fins antisémites. Mais répétons-le aussi : ceux qui laissent entendre que critiquer Israël, c’est critiquer les Juifs, jouent exactement la même partition que ceux qui veulent rendre les Juifs responsables de la politique des dirigeants israéliens, en opérant une identification entre les uns et les autres. Alors non, nous ne nous laisserons pas intimider par ces irresponsables. Oui, nous exigeons de la Mairie de Paris qu’elle fasse marche arrière. Et oui, nous continuerons de critiquer Israël, État hors-la-loi, y compris en défendant le boycott des institutions israéliennes, à défaut de sanctions adoptées par les États censément garants du droit international.



mardi 21 juillet 2015

Causeur dénonce la "terreur féministe" : un attentat contre le journalisme

Qu’un journal affirme ses opinions réactionnaires, c’est bien là son droit et il n’y a pas de quoi s’en étonner ou s’en émouvoir. Mais lorsqu’un « magazine » – fût-il polémique et très à droite – propose un « dossier » de trente pages sur un sujet aussi complexe et important que le féminisme, et qu’il utilise les pires procédés pour ridiculiser ce combat, la critique s’impose.

Au-delà de l’idéologie qu’il véhicule, le dossier de Causeur consacré à la « terreur féministe » (sic), puisque c’est de lui dont il s’agit, concentre ainsi, à de rares exceptions près, les pires pratiques journalistiques – s’il nous est encore permis de parler de journalisme : caricatures, clichés, raccourcis, amalgames, refus de donner la parole à celles dont on parle, etc.

Un modèle du genre donc, qui permet au magazine dirigé par Élisabeth Lévy de propager un discours empreint d’idéologie réactionnaire sous couvert d’ « enquête » journalistique.



lundi 6 juillet 2015

Couverture médiatique du référendum en Grèce : le meilleur du pire

La couverture médiatique du référendum grec s’est transformée, comme on pouvait s’y attendre, en véritable curée anti-Syriza. Dans la presse écritesur Twitterà la télévision, c’est à un déferlement de mépris, voire de haine, que l’on a assisté, avec une virulence qui rappelle inévitablement les grandes heures du référendum français de 2005. Lors de nos premières observations, nous avons parfois mis de côté quelques épisodes journalistiques particulièrement délicieux, mais qui à eux seuls ne pouvaient donner lieu à un article. Voici donc une compilation de ces grands moments : le meilleur du pire de l’information sur le référendum grec.

vendredi 3 juillet 2015

Grèce : Ruth Elkrief, représentante de la Troïka, questionne Jacques Sapir

Le lundi 29 juin au soir, Ruth Elkrief recevait, sur le plateau de BFMTV, l’économiste Jacques Sapir. Ce dernier, connu pour ses positions hétérodoxes, entre autres et notamment sur la question de la construction européenne et de l’Euro, a pu faire entendre un autre son de cloche que celui auquel nous avons été accoutumés ces derniers jours. Tant mieux pour le pluralisme.

Mais, et quand bien même il ne s’agit pas ici de juger du bien-fondé des opinions de Jacques Sapir, force est de constater que les questions posées par Ruth Elkrief ne ressemblaient guère à celles d’une intervieweuse, mais plutôt à celles d’une avocate des institutions européennes. Un cas exemplaire de ces interviews « made in Troïka », dont la motivation principale ne semble pas être celle d’informer, mais plutôt de défendre un point de vue anti-Tsipras sous couvert de « questions » largement inspirées par les aficionados de l’eurocratie. Lire la suite ici. 

jeudi 2 juillet 2015

Curée médiatique contre le référendum "irresponsable" d’Alexis Tsipras

Dans la soirée du 26 juin, Alexis Tsipras annonçait son intention d’organiser un référendum sur le plan d’austérité proposé par les créanciers de la Grèce en échange de leur soutien financier. Consulter le peuple grec sur les réformes « indispensables » qui lui sont imposées ? « Irresponsable » répond en chœur la fine fleur de l’éditocratie française, dont les tweets rageurs préfiguraient les points de vue… tout en nuances.

En 2011 déjà, l’annonce d’un référendum, finalement abandonné, sur le « plan de sauvetage » européen avait provoqué une levée de boucliers médiatique. De cette fronde contre le « dangereux coup de poker grec »Le Monde prenait déjà la tête : « Ce n’est pas ainsi que l’Europe doit fonctionner » assurait le quotidien, qui anticipait non sans cynisme un résultat défavorable : « Imagine-t-on d’ailleurs un peuple acceptant, unanime, une purge aussi violente que celle proposée ? » Ce lundi, deux jours après l’annonce d’Alexis Tsipras, l’éditocratie française a remis le couvert.

mercredi 1 juillet 2015

Référendum en Grèce : les éditocrates et la démocratie en 140 signes

Sitôt l’annonce faite par Alexis Tsipras, Premier ministre grec, de l’organisation dimanche 5 juillet d’un référendum sur le plan d’austérité « proposé » par l’ex-troïka, les éditocrates eurobéats se sont déchaînés sur Twitter. Et, en amoureux de la Grèce, ils n’ont pas manqué de rendre de vibrants hommages à la démocratie, sans jamais, au grand jamais, céder à la facilité, au raccourci ou à l’invective.

Démonstration avec les tweets de trois d’entre eux (Jean-Michel Aphatie, Arnaud Leparmentier et Jean Quatremer), exemples exemplaires de la tendance de certains « grands » journalistes à abandonner toute volonté d’informer avec rigueur et à oublier tout sens de la mesure lorsque les choses ne se passent pas comme ils l’auraient souhaité...

Lire la suite ici.  

samedi 20 juin 2015

« Y’a bon Awards » : Caroline Fourest prend (de nouveau) quelques libertés avec la vérité

Caroline Fourest n’est pas contente d’avoir reçu, le 12 juin dernier, un « Y’a bon Award », et elle l’a fait savoir au moyen d’un billet publié sur son blog le vendredi 19 juin. Une vingtaine de lignes dans lesquelles elle accuse les « Y’a bon » d’être d’une « mauvaise foi renversante »

Et d’avancer, en guise d’explication, les deux arguments suivants : « [les "Y’a bon"] mélangent propos racistes et propos laïques » ; « ils les sortent totalement de leur contexte et les tronquent pour leur faire dire… l’inverse ».

Deux « arguments » qui, comme nous allons le voir, ne résistent guère à l’examen. Car si l’on peut reconnaître à Caroline Fourest, qui prétendait il y a quelques semaines avoir gagné un procès qui n’avait pas encore eu lieu, une certaine expertise dans le domaine de la « mauvaise foi », force est de constater que sa « démonstration » produit l’effet exactement inverse de celui qu’elle escomptait.


« Des propos laïques » ?

Rappelons que Caroline Fourest a été distinguée cette année, dans la catégorie « Ils ont bien le droit de fantasmer », pour son évocation de « ces familles qui au nom de leurs convictions religieuses retirent les enfants des cours d’histoire quand on enseigne la Shoah ». Cette affirmation pain-au-chocolat (© Jean-François Copé) est en réalité contredite par les études rigoureuses portant sur la question de l’enseignement de la Shoah, parmi lesquelles aucune ne mentionne d’opposition de nature religieuse audit enseignement[1]. Et pour cause : bien malin serait en effet celui qui pourrait expliquer ce qui, dans la religion musulmane – puisque c’est d’elle dont il s’agit – proscrit ou conteste l’enseignement de la Shoah à l’école ! Chère Caroline Fourest, croyez-vous réellement qu’il existe une analyse musulmane de la Shoah, ou une position musulmane vis-à-vis de son enseignement ?

Que certains, au nom de leurs « convictions religieuses » (chrétiennes, musulmanes ou autres), contestent par exemple l’enseignement de la théorie de l’évolution, c’est un fait avéré et explicable : il existe en effet des versions religieuses de l’histoire de l’humanité alternatives aux thèses de Darwin. Mais au nom de quelles « convictions religieuses » des parents pourraient-ils retirer leurs enfants des cours d’histoire de la Shoah ? Quelle est la version islamique alternative de cette tragédie historique ? On ne peut s’empêcher de penser ici à un amalgame quasi-identique, présent dans le récent dossier de Marianne consacré aux « complices de l’islamisme », avec l’évocation d’une enseignante à qui l’on aurait demandé de ne pas évoquer le génocide arménien pour ne pas « provoquer la communauté turque », comme si la contestation du génocide arménien avait un quelconque lien avec l’islam…

Les propos de Caroline Fourest sont un exemple exemplaire des amalgames en vogue chez nombre d’éditorialistes et de dirigeants politiques, qui consistent à faire porter à un islam essentialisé (et fantasmé) la responsabilité de comportements répréhensibles, voire condamnables, mais qui n’ont en réalité rien à voir avec l’islam. Les enseignants qui expliquent qu’ils ont des difficultés à enseigner la Shoah, difficultés bien réelles et qu'il ne s'agit pas de nier, évoquent en effet des réactions du type « on parle tout le temps des Juifs », « on parle trop de la Shoah », « on ne parle pas des autres crimes comme la colonisation et l’esclavage », voire des propos révisionnistes ou négationnistes. Mais quel est le rapport avec l’islam et les « convictions religieuses » des élèves ou de leurs parents ? Aucun.

Il y a ainsi une double essentialisation dans ce type d’accusation : celle de l’islam, donc, mais aussi celle de populations d’origine maghrébine qui se trouvent enfermées, du fait de l’explication de certaines de leurs attitudes (existantes ou fantasmées) par leurs « convictions religieuses » alors que leur religion n’y est pour rien, dans une identité réduite à leur religion (réelle ou supposée). La déclaration de Caroline Fourest, qui explique que certains contesteraient l’enseignement de la Shoah en raison de leur foi musulmane, est donc non seulement totalement fantaisiste mais elle est en outre ouvertement stigmatisante : à l’en croire, l’islam serait en effet, en lui-même, générateur de révisionnisme, voire d’antisémitisme. Difficile d’établir ici un quelconque rapport avec la défense de la laïcité.


« Une dénonciation d’une forme de racisme anti-musulman » ?

Comme si la manœuvre consistant à péniblement tenter de « laïciser » des propos stigmatisants ne suffisait pas, Caroline Fourest va encore un peu plus loin : en sortant la phrase de son contexte et en la tronquant, les « Y’a bon » auraient en réalité fait dire à l’éditorialiste l’inverse de ce qu’elle pensait : « En pleine polémique sur le retrait de certaines familles de l’école publique pour cause de programmes visant à déconstruire les stéréotypes de genres, je trouvais douteux qu’on puisse hurler quand les enfants de familles musulmanes[2] souhaitent échapper à l’enseignement de certaines matières ou de la Shoah, mais pas quand des familles catholiques souhaitent échapper à l’enseignement de l’égalité filles-garçons… C’est donc une dénonciation d’une forme de racisme anti-musulman, d’une inégalité dans la vigilance, qui me vaut ce "Y’a bon" ».

Comprendre : Caroline Fourest, par ses propos, entendait en fait défendre les Musulmans en dénonçant le « deux poids, deux mesures » dont ils sont victimes. Caroline Fourest a raison sur un point : la phrase incriminée par les « Y’a bon » a été prononcée le 3 février 2014 sur LCP lors d’un débat concernant la polémique autour de l’enseignement de la supposée « théorie du genre », au cours de laquelle l’éditorialiste dressait effectivement le parallèle qu’elle évoque dans son billet. Elle appelait ainsi la droite républicaine à être cohérente et, comme elle s’était opposée à « ces familles qui au nom de leurs convictions religieuses retirent les enfants des cours d’histoire quand on enseigne la Shoah », à s’opposer à l’offensive conduite par certains intégristes religieux catholiques contre l’école publique.

Le problème est que ce contexte ne change rien, bien au contraire ! Le parallèle entre, d’une part, un mouvement organisé (la « Manif pour Tous »), dont nombre de responsables revendiquent ouvertement leurs convictions religieuses et affirment se battre au nom de ces dernières, avec le soutien d’une partie du clergé catholique, contre « l’enseignement de l’égalité filles-garçons » et, d’autre part, les comportements (supposés) de certaines familles à l’égard de « l’enseignement de l’histoire de la Shoah » expliqués par les « convictions religieuses » de celles-ci alors qu’il n’y a, répétons-le, aucune position musulmane eu égard à la Shoah ou à son enseignement, participe précisément de l’amalgame que nous avons décrit plus haut ! Prétendre que les « Y’a bon » auraient tronqué une citation dans le but de faire dire à Caroline Fourest le contraire de ce qu’elle pensait, alors que la citation « intégrale » ne fait que renforcer l’amalgame qui a valu à l’éditorialiste sa deuxième banane dorée[3], est en ce sens un argument, chacun l’avouera, d’une « mauvaise foi renversante ».

À moins que… À moins que Caroline Fourest ne pense que l’on puisse « dénoncer le racisme anti-musulman » en véhiculant clichés et amalgames sur les Musulmans. Une certaine vision de l’antiracisme donc, que l’on pourrait tenter de décliner avec d’autres formes de racisme, en reprenant précisément le raisonnement de l’éditorialiste qui ne fait pas d’amalgame. Par exemple : « En pleine polémique sur le refus des exilés fiscaux de rembourser leur dette au fisc, je trouvais douteux qu’on puisse hurler quand les étrangers fraudent l’administration pour bénéficier de milliers d’euros mensuels sans travailler et en détournant les allocations sociales, mais pas quand des familles françaises souhaitent échapper à l’impôt… C’est donc une dénonciation d’une forme de xénophobie, d’une inégalité dans la vigilance, qui me vaut ce "Y’a bon" ».

Convaincant, n’est-ce pas ?



[1] Voir notamment l’ouvrage fondateur Quand les mémoires déstabilisent l’école : mémoire de la Shoah et enseignement (sous la direction de Sophie Ernst), Institut National de Recherche Pédagogique, 2008. On pourra également recommander à Caroline Fourest l’écoute de l’émission « La grande table » du 26 janvier 2015, en présence de Georges Bensoussan et Sophie Ernst, dont le thème était « Comment transmettre la mémoire de la Shoah ? ». Une émission diffusée sur France Culture, station au-dessus de tout soupçon de « complicité avec l’islamisme » puisqu’elle emploie, entre autres, Caroline Fourest.
[2] On n’aura pas manqué de noter ici, dans un texte écrit (et donc, en théorie, réfléchi et relu) l’emploi de l’expression « les enfants de familles musulmanes ». Pas « des » enfants. Mais surtout, pas d’amalgame.
[3] Rappelons que Caroline Fourest avait été distinguée par les « Y’a bon » en 2012, pour sa dénonciation de « ces associations qui demandent des gymnases pour organiser des tournois de basket réservés aux femmes, voilées, pour en plus lever des fonds pour le Hamas ». Là aussi, sans doute, des « propos laïques » et destinés à « dénoncer une forme de racisme anti-musulman ». On notera que Caroline Fourest, d’une bonne foi renversante, évoque pudiquement, dans son billet du 19 juin 2015, ce premier « Y’a bon », expliquant qu’elle avait simplement « dénoncé les mairies prêtant des installations publiques à des associations intégristes et sexistes ». Ou quand Caroline Fourest tronque elle-même ses citations… 

vendredi 19 juin 2015

6ème cérémonie des "Y’a bon Awards" : pourquoi tant de haine ?

Le vendredi 12 juin s’est déroulée à Paris la sixième édition des Y’a bon Awards, soirée mêlant humour et politique, au cours de laquelle ont été décernées des récompenses à celles et ceux qui, journalistes ou responsables politiques, se sont distingués, au cours de l’année passée, par leurs propos racistes. L’initiative, organisée par l’association Les Indivisibles, entendait rappeler à celles et ceux qui ont accès à la parole publique qu’il n’est pas possible de dire tout et n’importe quoi, et que certains veillent. Et c’est ainsi que, comme chaque année, personne n’a été épargné. Mais, comme chaque année, de bien mauvais procès ont été faits aux « Y’a bon ».