mercredi 12 février 2014

"Théorie du genre", homophobie, islamophobie... Lettre à Nabil Ennasri.

Nabil,

Je viens de visionner ta vidéo consacrée à la « théorie du genre » (reproduite en fin d'article), dans laquelle tu défends la thèse suivante : le gouvernement actuel est en train, par divers mécanismes, d'introduire à l'école une « idéologie », dissimulée derrière la « théorie du genre » et, par un « prosélytisme dangereux », de « déconstruire l'éducation des enfants » et de « valoriser les pratiques LGBT ».

De là découle ton soutien aux « Journées de retrait de l'école ».

Nous avons eu l'occasion, toi et moi, de mener ensemble, par le passé, bien des combats : contre le racisme, contre l'islamophobie, en solidarité avec les Palestiniens...

C'est en raison de ce passé militant commun que j'ai décidé de t'adresser cette lettre ouverte, car je dois t'avouer que la vidéo que je viens de visionner m'interpelle et, à bien des égards, m'inquiète.

mardi 28 janvier 2014

Non, la "théorie du genre" n'existe pas.

Parce que ça commence à être agaçant.
Non, la "théorie du genre" n'existe pas. 
Non, personne n'a l'intention d'expliquer à "nos enfants" que les filles et les garçons, les hommes et les femmes, sont strictement identiques. 
Les études de genre ont pour objectif de questionner les rôles sociaux attribués aux hommes et aux femmes et de mettre en lumière le fait qu'au nom de différences biologiques (réelles ou supposées), on assigne chacun-e à des comportements, à des fonctions et à des tâches différentes, au sein d'un système fondamentalement inégalitaire.
C'est ce sexe social, distinct du sexe biologique, que le concept de genre met en lumière et interroge.
Ce sont les mécanismes de construction et de perpétuation de ces assignations sociales inégalitaires que le concept de genre interroge.
Les filières scolaires sexuées n'ont rien de "naturel".
L'immense déséquilibre dans le partage des tâches ménagères n'a rien de "naturel".
Les inégalités sociales, professionnelles, salariales... entre hommes et femmes, n'ont rien de "naturel".
La sous-représentation des femmes dans les sphères de pouvoir (politique, économique, intellectuel, etc.) n'a rien de "naturel".
Etc.
Tout ceci est socialement construit, de même qu'ont été socialement construites, au nom de différences biologiques (réelles ou supposées) des "races" entre lesquelles des systèmes de classement et/ou de hiérarchie ont été établis.
Les études de genre permettent de comprendre, pour mieux les combattre, les procédés et processus par lesquels les inégalités entre hommes et femmes sont perpétuées et légitimées.
Alors assez d'aveuglement, de paranoïa et/ou d'hypocrisie.
L'actuelle dénonciation de la prétendue "théorie du genre" est en réalité une lutte contre l'égalité entre femmes et hommes, doublée d'une campagne homophobe menée au nom de la défense d'un soi-disant ordre "naturel" hétérosexuel.

mardi 14 janvier 2014

Grâce à « l’affaire Dieudonné », on ne confondra plus antisémitisme et antisionisme

Grâce à la récente « affaire Dieudonné », lamalgame entre antisionisme et antisémitisme n'a plus lieu d’être. Les choses sont en effet désormais claires, et c’est peut-être le seul élément positif du bilan de la tragique séquence politique que nous venons de vivre. Plus jamais on ne confondra l’antisionisme, entendu comme une critique politique des fondements, des structures et de la politique de l’État d’Israël, et l’antisémitisme, entendu comme la haine des Juifs. Plus jamais on ne sous-entendra que l’opposition au sionisme, position politique discutable mais légitime, dissimule en réalité un rejet, purement raciste, des Juifs en tant que Juifs. 

lundi 6 janvier 2014

"Au-delà des quenelles, il faut remettre du politique". Interview du 4 janvier 2014.


Julien Salingue est membre de l’observatoire des médias, Acrimed, et docteur en science politique de l’Université Paris 8. Suite à l’effervescence médiatique et politique françaises autour du geste de « la quenelle », le site FDC interroge Salingue sur la popularité de ce geste, les suites de son échange avec Soral, sur ce qu’incarne politiquement le duo ‘Soral-Dieudonné’, sur les raisons de leur succès et sur ce qu’ils symbolisent de dangereux politiquement dans un climat français inquiétant.

mardi 10 décembre 2013

Il n'y a pas débat : l'extrême-droite à la sauce Soral reste l'extrême-droite

Au mémorial de la Shoah à Berlin
Le 22 novembre, je me suis exprimé, durant l'émission de Frédéric Taddeï sur France 2, au sujet des médias en France et des dangers qui planent, ou non, sur la liberté d'informer. Le site d'Égalité et Réconciliation (E&R), mouvement présidé par Alain Soral, a cru bon de publier une partie de mes propos. Après avoir reçu plusieurs dizaines de messages m'interrogeant sur mes proximités potentielles avec ce mouvement, j'ai pris l'initiative d'envoyer un mail à E&R pour leur demander, afin de clarifier les choses, un droit de réponse et une confrontation publique avec Soral. Mon seul objectif était évidemment de rendre visible l'antagonisme entre nos orientations politiques, et non de deviser poliment avec un individu qui se définit lui-même comme « national-socialiste ». E&R a décidé de publier mon message et de me répondre publiquement, en transformant ma demande en « défi lancé à Alain Soral ». Puisque la discussion est devenue, malgré moi, publique, je mets en ligne ma réponse à E&R.

vendredi 6 décembre 2013

Mandela à Gaza : "Si la seule solution est la violence, alors nous utiliserons la violence"

Comme l'avait rappelé Pierre Haski dans un article publié sur Rue89, les pays occidentaux n'ont pas toujours, loin de là, soutenu les combats de Nelson Mandela. Ce dernier leur a d'ailleurs à plusieurs reprises rendu la pareille en se démarquant nettement des positions des États-Unis et de l'Union européenne, comme lors de son voyage à Gaza en octobre 1999, durant lequel il a fait des déclarations, passées sous silence par la presse occidentale et peu connues aujourd'hui encore, alors qu'elles en disent long sur les positions politiques de celui qui est devenu le symbole de la lutte anti-apartheid.

mardi 19 novembre 2013

Racisme à la « une » : des suspects mènent l’enquête...

Les récentes outrances racistes contre Christiane Taubira, comparée à un singe sur le compte Facebook d’une candidate investie par le FN pour les municipales, avant d’être traitée de « guenon » par une (très) jeune manifestante de la « Manif pour tous » à Angers, ont déclenché, à défaut d’un torrent de réactions politiques, un certain bruit médiatique. Dans nombre de quotidiens et d’hebdomadaires, on s’est interrogé : du racisme en France ? Vraiment ? Pourquoi ? Comment ? Louable intention. Mais chacun a évidemment omis de mentionner le rôle qu’il aurait pu avoir joué dans le développement de ce climat raciste. D’où cette petite piqûre de rappel. 

mercredi 13 novembre 2013

Typhon aux Philippines : pensées émues pour les Français et leurs domestiques


À l’heure où ces lignes sont écrites, le nombre total des victimes du typhon Haiyan, qui a frappé vendredi et samedi les Philippines, n’est pas encore connu, même si les autorités évoquent désormais le chiffre d’au moins 10.000 morts et plusieurs milliers de disparus. Une tragédie largement couverte, dans l’immédiat après-typhon tout du moins, par les médias français, avec malheureusement, comme à l’accoutumée, des propos pas très heureux, déplacés, voire franchement consternants.

vendredi 13 septembre 2013

Oslo, 20 ans après : il n’y a jamais eu de processus de paix entre Israël et les Palestiniens

La faillite du processus engagé le 13 septembre 1993 à Washington par Yitzhak Rabin et Yasser Arafat n'est pas un accident, soutient Julien Salingue (Paris 8) : elle était « inscrite dans l’esprit et la lettre » des accords d’Oslo, qui n’ont pas rompu avec« les logiques à l’œuvre dans les territoires palestiniens au cours des décennies précédentes » mais ont au contraire permis « une réorganisation du dispositif d’occupation israélienne ».