lundi 28 mars 2011

Lexique médiatique de la guerre de Libye

Article publié sur le site d'Acrimed. 
Toutes les informations ne relèvent pas de la propagande ou ne se réduisent pas à de la propagande. Et la propagande ne consiste pas seulement (ni parfois principalement) en mensonges grossiers et délibérés ou en partis pris outranciers, cibles faciles pour la contre-propagande.

Dans les conflits les plus aigus, qu’ils soient sociaux ou militaires, les médias et les journalistes et, le cas échéant, leurs critiques, ne sont jamais de simples observateurs. Ce sont des acteurs. Mais ce n’est pas rêver à une improbable « neutralité » ou à une très aléatoire « objectivité », que de souligner que les partis pris les plus insidieux se dissimulent derrière le vocabulaire apparemment le plus anodin.

Que l’on soit ou non favorable à l’intervention militaire en cours en Libye, on est en droit d’attendre des médias et des journalistes, quelles que soient leurs prises de position, que la condamnation du régime libyen ne se transforme pas en propagande de guerre qui se bornerait à rediffuser, sans les vérifier, les informations fournies par les états-majors, ou, plus simplement, à épouser le vocabulaire diplomatique, politique ou militaire de l’un des camps en présence.
« Guerre » - Se dit, dans le cas présent, le moins souvent possible, non seulement dans les déclarations des responsables politiques et militaires, mais sous la plume et dans la bouche de nombre de commentateurs. Comme dans nombre de guerres modernes, l’opération militaire actuellement menée en Libye porte un nom, peu repris il est vrai : « Aube de l’Odyssée ». Pourtant – qui peut le nier ? – cette guerre est une guerre.
« Riposte » - Se dit des opérations militaires de « nos » armées, quand on veut en souligner le caractère prétendument défensif.

lundi 14 février 2011

Révolution en Égypte : le meilleur du pire de l’information

Article publié sur le site d'Acrimed. 

Nous l’avions déjà dit au sujet de la Tunisie : l’information « en temps réel », qui plus est sur des processus révolutionnaires, par définition instables et imprévisibles, n’est pas chose aisée. Mais cela justifie-t-il un tel déferlement de clichés, de caricatures, d’improvisations et d’approximations, notamment au sujet de l’Islam ? Les cas que nous avons relevés et que nous commentons dans cet article ne sont pas isolés. Ils sont en réalité révélateurs de la dégradation continue de la qualité de l’information sur les questions internationales qui, réduite par temps calme à la portion congrue, n’en subit, par temps d’orage, que plus violemment le contrecoup. Revue de détail, dans les règles de l’art.

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mercredi 26 janvier 2011

Interdiction de la conférence avec Stéphane Hessel à l’ENS : quand la censure fait "débat"

Article publié sur le site d'Acrimed.
L’auteur du livre actuellement le plus vendu en France, invité sur de nombreux plateaux, interdit de parole à l’ENS ? L’affaire allait, sans nul doute, faire grand bruit. Et pourtant... L’interdiction d’une conférence-débat à l’ENS qui devait se tenir en présence de Stéphane Hessel, portant sur la criminalisation du mouvement militant en faveur du boycott d’Israël [1], n’a pas été ouvertement condamnée par la plupart des grands médias traditionnels, farouches défenseurs de la liberté d’expression, mais uniquement quand elle se confond avec la liberté de la presse, voire de leur presse.
Si quelques médias indépendants se sont clairement prononcés, la presse écrite, dans ses versions imprimées ou électroniques, a très tardivement et très peu réagi et, lorsqu’elle a évoqué l’affaire, l’a fait de manière approximative, partielle et parfois surprenante. Retour sur une tragicomédie en quatre actes.