jeudi 19 juin 2014

Israël/Palestine : les inepties du « spécialiste » d’i>Télé, Olivier Ravanello


Publié sur le site d'Acrimed. 

Depuis quelques jours, une opération militaire israélienne de grande ampleur est en cours en Cisjordanie, avec pour objectif affiché de retrouver les trois jeunes colons israéliens enlevés dans la région d’Hébron le 12 juin 2014. Même si elle ne fait pas les gros titres, cette intervention donne toutefois lieu à quelques reportages et éditoriaux, dont celui, le 17 juin, d’Olivier Ravanello, « spécialiste des questions internationales » sur i>Télé. Un véritable modèle du genre, qui donne à voir – en à peine quatre minutes – à quel point les « experts » des « questions internationales », qui aiment s’écouter gloser sur tout et n’importe quoi, peuvent multiplier les erreurs, imprécisions, et raccourcis, quitte à sacrifier l’information sur l’autel de leur statut de « spécialiste » autoproclamé.

mardi 10 juin 2014

Les médias et le Front National : indignations sélectives et banalisation effective

Publié sur le site d'Acrimed (avec Henri Maler). 


Depuis les élections européennes du dimanche 25 mai et la victoire du Front National, le sens et la portée des résultats ont fait l’objet d’innombrables commentaires. Mais à quelques réserves près, une seule question retiendra notre attention : dans quelle mesure et comment les médias dominants favorisent-ils le Front National, non seulement en cette occasion, mais de façon plus générale ?

mercredi 28 mai 2014

Boycott, désinvestissement et sanctions : alarmes israéliennes

Article publié dans Le Monde diplomatique (juin 2014)


Les diplomates américains font semblant de découvrir la politique du fait accompli menée par Tel-Aviv et les effets destructeurs de la colonisation. Pour en finir avec l’impunité d’Israël et faire respecter le droit international, une myriade d’acteurs économiques, culturels ou politiques ont désormais recours à d’autres méthodes. 

mercredi 9 avril 2014

Le presque roman-photo du discours de politique générale de Manuel Valls


Donc, le 8 avril, Manuel Valls a fait son discours de politique générale :



Les députés du Parti Socialiste ont écouté, se demandant s'ils allaient voter la confiance :



Du côté de l'UMP, on n'a pas trop su quoi penser, parce qu'on était plutôt d'accord : 



Un peu comme à l'UDI : 



L'extrême-droite, elle, s'est rapidement fait un avis : 



Du côté du Medef, la réaction a été mitigée :



Comme chez les 11 députés de "l'aile gauche du Parti Socialiste" qui ont fini par s'abstenir : 



Au Front de Gauche on n'a pas voté la confiance, et on l'a fait savoir :



Alors que les écologistes ont majoritairement voté pour, manifestant leur "soutien critique" :



Pendant ce temps, certains éditorialistes saluaient le discours du Premier Ministre :



Tandis que d'autres éditorialistes saluaient le discours du Premier Ministre : 



Et que d'autres éditorialistes saluaient le discours du Premier Ministre :



Bref. À la fin de la journée, Manuel Valls a obtenu la confiance. Et ça l'a rendu heureux : 



À SUIVRE... 


jeudi 13 mars 2014

Une leçon de féminisme sexiste, par Jean-Luc Mélenchon

Soyons précis. 

Le 12 mars, Jean-Luc Mélenchon publie sur son blog un article relatif au vote, au Parlement européen, d'un texte portant sur « l'égalité hommes-femmes », qui a été rejeté, à une courte majorité, par les députés. 

Jean-Luc Mélenchon s'insurge contre ce vote négatif et pointe les responsabilités de certains élus français, notamment José Bové, qui se seraient abstenus au motif que ce texte se prononce pour une reconnaissance de la prostitution comme « une forme de violence à l'encontre des femmes et à ne pas la considérer comme un travail, même lorsqu'elle est "volontaire" ». 

Bové, Cohn-Bendit et quelques autres auraient refusé de voter ce texte car ils seraient, selon Jean-Luc Mélenchon, des « dogmatiques de la reconnaissance du "travail sexuel" », autrement dit des personnes refusant de considérer la prostitution « en bloc », comme pure exploitation, et militant pour la reconnaissance d'un statut pour les prostitué-e-s. 

Et Jean-Luc Mélenchon de s'en prendre à une autre élue, Françoise Castex, qui a récemment quitté le  Parti Socialiste pour rejoindre le parti Nouvelle Donne, fondé par Pierre Larrouturou : 


Un problème ? À première vue, non.

Mais soyons précis, donc, sans prétendre entrer dans le débat sur la reconnaissance du « travail sexuel »

Car la capture d'écran ci-dessus est celle d'une version modifiée du texte de Jean-Luc Mélenchon. La version originale, qui a été visible pendant quelques heures et qui est toujours accessible grâce à Google cache, était un peu différente : 



« Pimpante », donc. 

En amoureux des lettres, Jean-Luc Mélenchon ne peut ignorer le sens de ce mot. On s'en tiendra ici à la définition du Larousse en ligne : 



Si Françoise Castex s'était appelée François Castex, Jean-Luc Mélenchon aurait-il ressenti le besoin de la/le qualifier de « pimpant » ? La réponse est dans la question. 

Pourquoi Jean-Luc Mélenchon a-t-il ressenti le besoin de qualifier la députée Françoise Castex de « pimpante » ? La réponse est dans la tête de Jean-Luc Mélenchon.

En résumé, et même si l'outrance a finalement été retirée du billet de blog (faute avouée), pour les leçons de féminisme, Jean-Luc, tu repasseras. 

jeudi 6 mars 2014

JO de Sotchi : et la médaille d’or des commentaires sexistes est attribuée à...

« Nous, femmes journalistes, ne supportons plus les clichés sexistes qui s’étalent sur les Unes. Pourquoi réduire encore si souvent les femmes à des objets sexuels, des ménagères ou des hystériques ? Par ces déséquilibres, les médias participent à la diffusion de stéréotypes sexistes ». 

Cet extrait du manifeste du collectif de femmes journalistes « Prenons la une », publié dans Libération le 3 mars, rappelle à tout un chacun cette évidence malheureusement trop souvent ignorée : les clichés concernant les femmes repris et véhiculés par les médias sont nombreux, et ils participent du maintien et de la diffusion d’une idéologie d’un autre âge. 

Un exemple nous en a été donné récemment durant la diffusion des Jeux Olympiques d’hiver de Sotchi, avec un florilège de commentaires de journalistes, hommes, dont le caractère grossièrement sexiste n’a pas échappé aux téléspectateurs (-trices), à plusieurs journalistes et à divers mouvements féministes, à un point tel que le CSA s’est saisi de l’affaire.

mercredi 12 février 2014

"Théorie du genre", homophobie, islamophobie... Lettre à Nabil Ennasri.

Nabil,

Je viens de visionner ta vidéo consacrée à la « théorie du genre » (reproduite en fin d'article), dans laquelle tu défends la thèse suivante : le gouvernement actuel est en train, par divers mécanismes, d'introduire à l'école une « idéologie », dissimulée derrière la « théorie du genre » et, par un « prosélytisme dangereux », de « déconstruire l'éducation des enfants » et de « valoriser les pratiques LGBT ».

De là découle ton soutien aux « Journées de retrait de l'école ».

Nous avons eu l'occasion, toi et moi, de mener ensemble, par le passé, bien des combats : contre le racisme, contre l'islamophobie, en solidarité avec les Palestiniens...

C'est en raison de ce passé militant commun que j'ai décidé de t'adresser cette lettre ouverte, car je dois t'avouer que la vidéo que je viens de visionner m'interpelle et, à bien des égards, m'inquiète.

mardi 28 janvier 2014

Non, la "théorie du genre" n'existe pas.

Parce que ça commence à être agaçant.
Non, la "théorie du genre" n'existe pas. 
Non, personne n'a l'intention d'expliquer à "nos enfants" que les filles et les garçons, les hommes et les femmes, sont strictement identiques. 
Les études de genre ont pour objectif de questionner les rôles sociaux attribués aux hommes et aux femmes et de mettre en lumière le fait qu'au nom de différences biologiques (réelles ou supposées), on assigne chacun-e à des comportements, à des fonctions et à des tâches différentes, au sein d'un système fondamentalement inégalitaire.
C'est ce sexe social, distinct du sexe biologique, que le concept de genre met en lumière et interroge.
Ce sont les mécanismes de construction et de perpétuation de ces assignations sociales inégalitaires que le concept de genre interroge.
Les filières scolaires sexuées n'ont rien de "naturel".
L'immense déséquilibre dans le partage des tâches ménagères n'a rien de "naturel".
Les inégalités sociales, professionnelles, salariales... entre hommes et femmes, n'ont rien de "naturel".
La sous-représentation des femmes dans les sphères de pouvoir (politique, économique, intellectuel, etc.) n'a rien de "naturel".
Etc.
Tout ceci est socialement construit, de même qu'ont été socialement construites, au nom de différences biologiques (réelles ou supposées) des "races" entre lesquelles des systèmes de classement et/ou de hiérarchie ont été établis.
Les études de genre permettent de comprendre, pour mieux les combattre, les procédés et processus par lesquels les inégalités entre hommes et femmes sont perpétuées et légitimées.
Alors assez d'aveuglement, de paranoïa et/ou d'hypocrisie.
L'actuelle dénonciation de la prétendue "théorie du genre" est en réalité une lutte contre l'égalité entre femmes et hommes, doublée d'une campagne homophobe menée au nom de la défense d'un soi-disant ordre "naturel" hétérosexuel.

mardi 14 janvier 2014

Grâce à « l’affaire Dieudonné », on ne confondra plus antisémitisme et antisionisme

Grâce à la récente « affaire Dieudonné », lamalgame entre antisionisme et antisémitisme n'a plus lieu d’être. Les choses sont en effet désormais claires, et c’est peut-être le seul élément positif du bilan de la tragique séquence politique que nous venons de vivre. Plus jamais on ne confondra l’antisionisme, entendu comme une critique politique des fondements, des structures et de la politique de l’État d’Israël, et l’antisémitisme, entendu comme la haine des Juifs. Plus jamais on ne sous-entendra que l’opposition au sionisme, position politique discutable mais légitime, dissimule en réalité un rejet, purement raciste, des Juifs en tant que Juifs. 

lundi 6 janvier 2014

"Au-delà des quenelles, il faut remettre du politique". Interview du 4 janvier 2014.


Julien Salingue est membre de l’observatoire des médias, Acrimed, et docteur en science politique de l’Université Paris 8. Suite à l’effervescence médiatique et politique françaises autour du geste de « la quenelle », le site FDC interroge Salingue sur la popularité de ce geste, les suites de son échange avec Soral, sur ce qu’incarne politiquement le duo ‘Soral-Dieudonné’, sur les raisons de leur succès et sur ce qu’ils symbolisent de dangereux politiquement dans un climat français inquiétant.